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Savoirs ou compétences ?
Crédits: Freepik

Savoirs ou compétences ?

Brunella Ferraris
par Brunella Ferraris - Modifié Il y a 7 heures
Savoirs ou compétences ?
Crédits: Freepik

L’évolution contemporaine des systèmes éducatifs est marquée par un basculement de paradigme : « celui d’une école pensée pour former des esprits vers une école chargée de produire une main-d’œuvre flexible ». Ce constat est développé dans l’article L’École face aux logiques du capitalisme, qui s’appuie sur les analyses de Cécile Gorré et Nico Hirtt dans leur ouvrage À l’école du capitalisme. Selon eux, cette transformation s’inscrit dans une recomposition plus large des finalités éducatives. Si elle répond aux exigences de réactivité du marché du travail, elle soulève néanmoins une question centrale : quelle place accorder à la connaissance théorique face à l’impératif de la pratique ?

Le savoir comme outil ou comme modèle ?

L’adoption généralisée de l’approche par compétences (APC) illustre clairement cette évolution. Dans ce cadre, le savoir n’est plus envisagé comme une fin en soi, mais comme une « ressource » mobilisable dans des situations concrètes. Ainsi, dans l’enseignement des sciences, on peut apprendre à appliquer une formule physique pour calculer une dépense énergétique sans comprendre la démarche expérimentale ni le raisonnement théorique qui ont permis de l’établir. Le savoir n’est alors reconnu que dans la mesure où il est immédiatement utilisable.

Cette logique peut sembler adaptée à certains métiers de l’artisanat, où la maîtrise du geste prime. Pourtant, généralisée à l’ensemble du système éducatif, elle comporte un risque : celui de réduire les connaissances à leur seule dimension fonctionnelle, au détriment de leur portée explicative.


De la formation critique au capital de compétences

Ce glissement s’accompagne également d’un changement plus discret mais tout aussi important : celui du langage et des valeurs qui structurent l’éducation.

Selon les auteurs : « pour le monde économique, l’important est d’apprendre à utiliser des savoirs. Mais pour l’école, l’important devrait être de les comprendre. »

Dans cette logique, les formations générales tendent à être réduites au strict nécessaire pour l’exercice d’un métier. Cette orientation limite progressivement l’accès à des savoirs critiques pourtant essentiels pour comprendre, analyser et questionner l’environnement social et professionnel.

Si le rapprochement entre l’école et l’entreprise correspond à une réalité économique, l’enjeu reste de préserver un équilibre. L’éducation ne peut se réduire à une simple préparation technique : elle doit aussi permettre de comprendre les savoirs, de les relier entre eux et d’en saisir la portée plus large. C’est dans cette articulation entre usage et compréhension que réside la véritable richesse de l’apprentissage.


Pour lire l’intégralité de l’article :



Brunella Ferraris
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Responsable Pôle Sciences & Culture chez Les Compagnons du Devoir

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