Que nous apprend la robustesse des métiers artisanaux face aux limites planétaires ?
Comment les savoir-faire, bien plus que les seules technologies, peuvent-ils devenir des leviers décisifs d’adaptation aux transformations écologiques, énergétiques et économiques ?
Dans le cadre du cycle 2025–2026 de la démarche Devenir des Métiers, les Compagnons du Devoir organisaient un webinaire consacré à la robustesse des métiers manuels et à l’ingénierie métier comme réponse aux enjeux contemporains.
Invité de cette séance, Arnaud Crétot, ingénieur énergéticien et fondateur de Néoloco, est revenu sur son parcours, depuis l’ingénierie énergétique jusqu’à la création d’une activité artisanale de boulangerie et de torréfaction solaire.
À travers cette expérience, il a montré comment on peut repenser un métiers, non pas seulement par à travers un regard technique, mais par une transformation systémique intégrant savoir-faire, organisation et modèle économique.
Quelques questions abordées :
1/ Pourquoi la robustesse est-elle devenue un enjeu central pour les métiers manuels ?
Arnaud Crétot a rappelé que nos sociétés ont franchi plusieurs limites planétaires et que l’accès continu et illimité aux ressources ne peut plus être tenu pour acquis. Face à cette réalité, la robustesse apparaît comme une stratégie d’émancipation systémique : il ne s’agit plus d’optimiser à la marge, mais d’adapter en profondeur les activités à la variabilité des ressources.
2/ En quoi les savoir-faire comptent-ils autant, voire plus, que les technologies ?
L’intervenant a montré que toute innovation technique s’accompagne historiquement de nouveaux savoir-faire. À travers l’exemple de la boulangerie et de la torréfaction solaire, il a illustré comment l’ingénierie métier permet de redéfinir les pratiques professionnelles, d’identifier des marges de manœuvre et de rendre les activités compatibles avec des ressources intermittentes, sans recourir à une surenchère technologique.
3/ Comment transformer concrètement les organisations artisanales face à la variabilité ?
À partir de la méthode TLED (« tâches énergivores lorsque l’énergie est disponible »), Arnaud a expliqué comment repenser l’organisation du travail, distinguer activités périssables et activités de conservation et passer d’une logique de flux tendu à une logique de stock raisonné. Des études de cas, de l’artisan boulanger à la menuiserie industrielle, ont montré que ces transformations peuvent réduire fortement la vulnérabilité des entreprises tout en renforçant leur viabilité économique.
En conclusion, ce webinaire a mis en évidence que l’adaptation des métiers aux mutations actuelles ne peut pas reposer sur une fuite en avant technologique mais doit d'abord passer par une réappropriation profonde des savoir-faire et des modes d’organisation.



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