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La technique Yosegi-Zaiku

Par Alexandre Douet - Modifié Il y a 1 mois

Lecture 2 minutes

La technique Yosegi-Zaiku

(CC BY-NC-ND 2.0) PaulSh54

La technique Yosegi-Zaiku


« Yosegi-Zaiku », ou « Yosegi » est une technique, un artisanat traditionnel japonais qui est apparue à la fin de la période Edo (1603-1867) dans la ville de Hakone préfecture de Kanagawa et popularisée par un artisan local Mr Nihei Ishikawa. En 1984, le Ministère japonais de l’industrie et du commerce international a promu la technique du Yosegi-Zaiku au label d’artisanat traditionnel national.


« Yosegi » voudrait dire mosaïque bois ou parquet et « Zaiku » petits travaux ou encore travail minutieux. D’une certaine manière cela s’apparente de notre point de vue d’Européen à une marqueterie.


Le principe d’une marqueterie étant de recouvrir la surface d’un objet avec des matériaux de faible épaisseur en bois précieux ou diverses autres matières.


La caractéristique principale du « Yosegi-Zaiku » se définit par des motifs géométriques extrêmement variés tant, sur leurs géométries, que sur les essences utilisées. Cela confère un choix presque infini de combinaisons possibles. Les bois utilisés sont généralement ceux de la région de Hakone. Les artisans utilisent par exemple le noyer, le cornouiller, l’amarante, l’acajou, le quassia, le cerisier ou encore l’agathis.


Le « Yosegi-Zaiku » est le plus souvent utilisé sur les boîtes à secret japonaise, appelées « himitsu-bako ». Il en existe par ailleurs une multitude avec un nombre d’opérations à réaliser dans un ordre bien précis afin de pouvoir l’ouvrir. Celles-ci étaient destinées à protéger son argent ou des objets de valeur à la manière d’un coffre-fort. Certaines légendes racontent également qu’elles pouvaient servir d’oreiller pas très confortable tout de même. À ce jour on utilise le « Yosegi-Zaiku » également sur des meubles, des dessous-de-plat ou de petits objets du quotidien.


(CC BY 2.0) jam_232 


Un point qui m’a particulièrement surpris, c’est l’épaisseur des « Zuku » les feuilles de placage ainsi réalisées. Nous avons l’habitude en France de travailler avec une épaisseur de 6/10e or celle-ci une fois tranchée fait 2/10e soit 3 fois moins que ce que nous avons l’habitude de travailler !! La « perce » est bien plus vite arrivée. Fort heureusement le tranchant des outils japonais est sans pareil et ne nécessite pas de ponçage.


(CC BY 2.0) jam_232 


La méthode est assez complexe et nécessite beaucoup de patience et de savoir-faire. Vous verrez également que les panneaux « tane-ita » sont l’ensemble des pièces collées entre elles afin de réaliser un panneau assemblé en bois de fil, je suppose afin de faciliter la découpe des feuilles de placage et la finition.


Je vous propose d’en comprendre les grands principes à travers ces deux vidéos. La première traduite en français et la seconde en anglais. Cependant, je pense que les gestes et techniques parlent d’eux-mêmes.




Certains artistes, contemporains, à l’image d’Ota Mokko, ont souhaité perpétuer cet artisanat traditionnel tout en continuant à s’approprier leurs propres styles. Celui d’Ota Mokko m’a plus particulièrement touché, dans la répétitivité et la simplicité des motifs. J’y vois un effet hypnotique, délicieusement envoûtant. Vous pourrez retrouver sa collection et son travail ci-dessous :


https://ota-mokko.com/collections/


Glossaire :


Hakone : Ville de Hakone, dans la préfecture de Kanagawa

Himitsu bako : Boîte à secret japonaise

Koyosegi : Ko (enfant) yosegi (mosaïque bois) mosaïque pour enfant ?

Tane-Ita : Ensemble des pièces collées entre elle afin de réaliser un panneau.

Yosegi : mosaïque bois ou parquet

Yosegi-Zaiku : Marqueterie traditionnelle japonaise

Zaiku : petit travaux ou encore travail minutieux.

Zuku : Les feuilles de placage









Commentaires (1)

  • avatar

    1892436 PASTEUR

    -

    Il y a 1 mois

    Quel travail de précision ! Une découverte ! Très intéressant d'avoir accès à la visualisation de ces créations !