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Quelles conditions de travail en contrat d’apprentissage ?
Crédits: ©Imantsu - iStock

Quelles conditions de travail en contrat d’apprentissage ?

Julien Lecarme
par Julien Lecarme - Modifié Il y a 4 heures
Quelles conditions de travail en contrat d’apprentissage ?
Crédits: ©Imantsu - iStock

Cet été la Dares publiait une étude sur les conditions de travail en contrat d'apprentissage. Bien que sur des données un peu anciennes, 2018, elles concernent tout de même plus de 8000 individus en formation sur des niveaux 3 à 5.


Déjà, l'exposition au travail, dans toutes ces dimensions, y compris la pénibilité, est présente.

28% des apprentis font régulièrement des heures supplémentaires, 47% travaillent le samedi de façon ponctuelle ou régulière. "84 % des apprentis sont exposés à au moins un facteur de pénibilité, ponctuellement ou régulièrement ; 18 % en cumulent même plusieurs de façon régulière. Les apprentis du bâtiment, artisanat et des métiers de bouche y sont particulièrement exposés."


Malgré ces conditions, 96% des jeunes s’estiment satisfaits de leur expérience au travail à l’issue de leur parcours et 87% des apprentis s’estiment satisfaits de leur bien-être physique au travail. 


Focus sur les temps de travail


Ici, les heures supplémentaires par spécialités préparées



Note : faire régulièrement des heures supplémentaires inclut faire des heures supplémentaires souvent et très souvent. Faire ponctuellement des heures supplémentaires inclut faire des heures supplémentaires parfois et une à deux fois depuis le début de l'année scolaire.

Lecture : en deuxième année, 67 % des apprentis effectuent des heures supplémentaires, dont 58 % sont systématiquement compensées.

Champ : primo-entrants en apprentissage à la rentrée scolaire 2018, pour préparer une formation d'un niveau CAP à bac+2, et toujours en contrat durant l'année scolaire suivante 2019-2020. Salariés de moins de 30 ans, qui ne sont plus en formation initiale, et détiennent un diplôme d'un niveau CAP à bac+2.

Source : enquête Oripa (vague 2), Dares ; enquête Conditions de travail 2019, Dares.


Les horaires atypiques, zoom sur les métiers de bouche et les services aux particuliers



Pénibilités physiques

84% sont exposés à des pénibilités physiques de manière régulière ou ponctuelle : fumée, poussières, bruit, températures élevées ou basses.

Ce chiffre monte à 94% dans le bâtiment, alors que les ports de charges lourdes, postures contraignantes, mouvements pénibles ne sont pas intégrés au questionnaire

Pour les métiers de bouche, la chaleur des fours ou le bruit des machines concerne 60% des apprentis.

On pouvait s'en douter, c'est dans les petites entreprises que cette pénibilité est le plus important. 46% dans les moins de dix salariés et 33% pour les plus de 250.


En conclusion, malgré une satisfaction de l'expérience au travail des apprentis, ces chiffres de pénibilités, ne sont pas satisfaisants et restent bien trop souvent des freins à l'attractivité des métiers.

Le rapport dit des choses très intéressantes sur l'acceptation de la pénibilité, son intégration et sa reproduction comme norme d'insertion. Avec, par exemple, la valorisation de « l’ardeur au travail et la performance physique » dans l’automobile et l’esthétique [1], ou encore la « capacité à endurer » dans les métiers de bouche [2].


  1. Rollin Z. (2024), « Sous le vernis des ongles et des capots : les risques du métier. Accepter et banaliser le risque, un processus d’apprentissage », Travail, genre et sociétés, vol. 1, n° 51.
  2. Laneyrie E., Cippelletti E., Rossi S. et Cuvillier B. (2020), « Perceptions des conditions de travail et de formations des apprentis de cuisine : une vision idéalisée de la profession ? », L'orientation scolaire et professionnelle, vol. 49.


Et que peut-on en lire vu des compagnons du Devoir ?

  • Que près de la moitié, 48%, des apprentis des métiers de bouche ne souhaitent pas être embauchés à la fin de l’apprentissage, et 34% dans le bâtiment. Dont près de 20% pour une reconversion.
  • 36 % ont rompu un contrat dans les dix-huit premiers mois, avec comme motif dominant les conditions de travail insatisfaisantes.
  • 27% des apprentis ont un trajet domicile formation d'une heure et plus.
  • 44% des apprentis on un trajet domicile travail de moins de 15 minutes, 30% de moins de 30'.
  • La préférence des périodes en entreprise 79% est largement supérieur a celui de la période en formation 21%.
  • Mais avec une très grande satisfaction générale pour les deux : 96% pour le métier exercé et 93% vis-à-vis de la formation.




Julien Lecarme
Rédigé par Julien Lecarme
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