ico-menu.svg
ico-search-org.svg ico-close.svg ico-user.svg
ico-button-back.svg
L’impact du réchauffement climatique sur les vignes
Crédits: ©Pexels

L’impact du réchauffement climatique sur les vignes

Francis Grippou
par Francis Grippou - Modifié Il y a 3 ans
L’impact du réchauffement climatique sur les vignes
Crédits: ©Pexels

Après la grande sécheresse de l'été 2022, beaucoup de viticulteurs et de passionnés se posent la question de la pérennité de la viticulture notamment dans le Sud de la France. Hiver doux puis gel tardif, été caniculaire et stress hydrique, épisodes de grêles dévastateurs, la filière est actuellement confrontée à de nombreux aléas météorologiques qui deviendront de plus en plus fréquents sous l'effet du réchauffement climatique.


Alors quels sont les impacts sur la viticulture ? Comment lutter contre ces aléas du climat ? Quelles méthodes peuvent être envisagées par les viticulteurs ? Face à cette nouvelle réalité, la filière tente de s'adapter et plusieurs solutions émergent.


Les impacts du réchauffement climatique observés sur les vignes et le vin 


  • Le réchauffement climatique déstabilise les récoltes des vignes


Avec l’élévation des températures moyennes, tous les stades phénologiques de la vigne sont modifiés avec pour conséquence des vendanges plus précoces. Ajoutée aux épisodes de sécheresse à répétition, le raisin ne mûrit pas seulement trop vite, il brûle et les arômes n’ont pas le temps de se développer. Par ailleurs,

on assiste à une chute précoce des feuilles et en conséquence une diminution de la taille des raisins.


Cette hausse des températures associée à des épisodes de grêles et de gels tardifs peuvent aussi détruire une partie des vignobles. C’est notamment ce que souligne Laurent Audeguin, de l'Institut français de la vigne et du vin (IFV), dans un article de France24 : « Non seulement la qualité est altérée, mais on peut aussi s'inquiéter pour la production. »


D’après une étude du 27 janvier 2020 dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), 56 % des terres viticoles actuelles pourraient être perdues si la température augmentait encore de +2°C. Cette perte serait due principalement à une intensification des dérèglements climatiques et des épisodes de sécheresse, orage, grêle ou encore gel de printemps.


  • Augmentation de la teneur en alcool constatée sur les vins


Les viticulteurs observent un autre impact du réchauffement climatique sur leur production viticole. En effet, la hausse des températures provoque une augmentation continue de l'alcoolisation des vins ainsi qu’une diminution de leur acidité.

Ce sont deux effets déjà connus et anticipés par les professionnels, mais qui ont un impact sur la singularité des vins. Ils devront donc s’adapter à cette nouvelle variable pour maintenir les spécificités de leurs domaines et appellations.


Comment faire face au réchauffement climatique dans le secteur de la viticulture ?



Heureusement, le secteur est résilient. Les viticulteurs français s’adaptent en proposant des méthodes et des solutions efficaces.


  • Opter pour des vignes avec des cépages plus résistants


L’une des premières solutions explorées par la filière viticole aujourd’hui est la recherche de cépages plus tardifs et plus résistants aux températures extrêmes et aux maladies. Ainsi, dès août 2021, une stratégie nationale a été mise en place pour sauvegarder les vignobles et leurs appellations via des cépages oubliés.


Et comme le souligne Nathalie Ollat, spécialiste de l’impact du réchauffement climatique sur les vignobles, dans un article de France24 : « Il faut tout miser sur la diversité des cépages. Aujourd'hui, la France recense environ 400 cépages, mais elle en utilise à peine un tiers. »

Car certains de ces cépages oubliés pourraient être mieux adaptés aux conditions météorologiques à venir dans les prochaines années. C’est notamment le cas des cépages suivants : jacquère, mondeuse noire, persan ou verdesse. Toujours dans le même article, Nathalie Ollat explique ainsi : « Certains, notamment issus de milieux montagnards, ont des maturations plus tardives et semblent particulièrement tolérants à la sécheresse. Ils peuvent se révéler particulièrement intéressants. »


D’après Jean-Marc Touzard, directeur de recherche INRAE et ingénieur agronome, il faudrait dans un premier temps modifier les cépages et leurs porte-greffes. Cette action devrait favoriser des variétés plus tolérantes à la sécheresse, aux températures élevées et aux maladies. Les vins ainsi obtenus seront également moins sucrés et plus acides selon lui. Il recommande également dans un article de Polytechnique Insights de se tourner « vers des cépages venus de régions plus chaudes (Italie, Grèce) ou qui avaient été délaissés au XIXème siècle. »


Mixer les cépages actuels à d’autres cépages nouveaux ou oubliés (jacquère, mondeuse noire, persan, verdesse, viognier) pour créer des vignobles plus résilients peut ainsi s’avérer une première excellente solution pour faire face aux aléas climatiques à venir.


  • Modifier les pratiques de viticulture pour contrer le réchauffement climatique


Pour s’adapter, la filière peut aussi s’engager dans une deuxième voie : la mise en place de nouvelles pratiques. Ces dernières peuvent varier selon les appellations et les régions. On pense par exemple à l’irrigation au goutte à goutte, même si les vins à appellation n'ont pas le droit d'irriguer, hormis quelques dérogations dans le sud de la France. Cette technique permet en effet de réduire le stress hydrique et de favoriser la rétention en eau.

Mais d’autres méthodes peuvent être explorées, comme il le souligne toujours :


    - Laisser plus de feuilles aux vignes pour mieux protéger les grappes du soleil,

    - Jouer sur la taille ou la densité des parcelles pour réduire le stress hydrique,

    - Pratiquer l’agroforesterie viticole et la gestion des haies autour des parcelles pour capturer du CO2 et jouer un rôle tampon sur le microclimat,

    - Reconsidérer la diversité des sols et des expositions des parcelles pour orienter les nouvelles plantations.


    Il existe ainsi de nombreuses solutions pour faire face à ces risques climatiques. Il faudra cependant qu’elles soient accompagnées d’une évolution des réglementations, notamment au niveau du cahier des charges des appellations.




    Francis Grippou
    Rédigé par Francis Grippou
    ico-souples-org.png
    Veilleur

    ico-comment.png Commentaires

    Pour laisser un commentaire, veuillez vous connecter ou vous inscrire.

    S’inscrireSe connecter