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Comment le métier de couvreur évolue : changement climatique et raréfaction des ressources

Comment le métier de couvreur évolue : changement climatique et raréfaction des ressources

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par Clément Durand - Modifié Il y a 6 heures
Comment le métier de couvreur évolue : changement climatique et raréfaction des ressources

En quoi le changement climatique oblige-t-il les couvreurs à repenser leurs ouvrages, leurs gestes et leur rapport au matériau ?


Dans le cadre du cycle 2025–2026 de la démarche Devenir des Métiers, les Compagnons du Devoir organisaient un webinaire consacré à l'impact du changement climatique et de la raréfaction des ressources sur les gestes métiers.


Nous avons accueillis Rodolphe Houdusse, ancien délégué de métier des couvreurs et Florent Cordier, responsable de l'Institut supérieur de la couverture.


À travers leur retour d'expérience, les intervenants ont proposé une réflexion sur ce que signifie adapter son geste à la météo de demain.





Quelques questions abordées 


1/ Pourquoi le métier de couvreur est-il en première ligne face au changement climatique ?


Le couvreur occupe une position singulière : premier mouillé lors des intempéries, premier bronzé lors des canicules, il travaille à l'interface directe entre le bâti et les éléments. Mais l'enjeu dépasse ses propres conditions d'exercice. Ce sont les ouvrages qu'il réalise aujourd'hui qui devront répondre à la météo de demain, une météo qui change « très vite et très fort ».


50 milliards d'euros de dégâts annuels sur le patrimoine bâti français sont attribuables au changement climatique. Les assureurs ont commencé à interpeller directement la profession sur sa capacité à remplir sa mission première, protéger les biens et les personnes. 


À cela s'ajoute un enjeu de sens : une étude sur l'image du métier a montré qu'un jeune sur deux cherche dans son futur métier un lien avec l'environnement. 


2/ L'impact des fiches techniques sur la posture du couvreur


Les intervenants ont décrit un glissement historique. Autrefois ancré dans son territoire, le couvreur choisissait un matériau local, composait avec la météo de sa région, et entretenait avec son ouvrage une relation presque agricole, celle de quelqu'un qui lit son environnement avant d'agir. L'arrivée des DTU, puis des fiches techniques, a progressivement substitué à ce regard une logique d'application stricte : un matériau, une fiche, une pose.


Ce gain en standardisation s'est accompagné d'une perte en intelligence situationnelle. C'est ce regard que la démarche cherche à réhabiliter, non pas contre le normatif, rappelé comme fondation indispensable, mais au-delà de lui, dans ce qu'ils ont appelé les « immanquables » : les gestes de métier qui ne sont pas dans les textes, mais que l'expérience collective a validés.


3/ Le réemploi dans le métier de couvreur


Le réemploi est présenté comme un enjeu majeur, économique, écologique, mais aussi identitaire. Les intervenants ont rappelé que les couvreurs le pratiquent depuis toujours, sans toujours le nommer ainsi.


Rodolphe a évoqué un chantier personnel : une toiture en cuivre, matériau quasi indestructible, dont l'appel d'offres prévoyait le démontage complet pour cause de pathologies. La réponse a été de conserver 95 % du matériau sur site, en ne reprenant que les ouvrages défaillants et en redimensionnant les évacuations. Le chantier a abouti, au bénéfice économique du maître d'ouvrage et au bénéfice du sens trouvé par les couvreurs qui l'ont réalisé.


4/ Comment transmettre cette réflexion ?


Les intervenants ont insisté sur le fait que la transmission est le nœud de tout. Plusieurs leviers ont été mis en œuvre : des mini-stages avec des matériaux de réemploi ou de revalorisation, des exercices de fabrication d'éléments à partir de chutes de zinc vouées à la benne, des récupérations d'invendus chez les négoces pour alimenter les maquettes de formation.


Sur un public plus avancé on présente un ouvrage, on interroge les jeunes sur les pathologies qu'ils ont rencontrées, on leur demande les adaptations qu'ils ont déjà imaginées ou mises en place. Le résultat, ont-ils dit, est systématiquement enthousiasmant.


En conclusion, ce webinaire a mis en lumière que l'adaptation du métier de couvreur au changement climatique n'est pas une contrainte subie mais une invitation à renouer avec ce qui a toujours fait la force du métier : un regard sur le territoire, une intelligence du matériau et une responsabilité assumée sur la durée des ouvrages.

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Rédigé par Clément Durand
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Chef de projet

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