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DUERP traiteur : les risques majeurs à évaluer
Crédits: Thony Maufay

DUERP traiteur : les risques majeurs à évaluer

Thony Maufay
par Thony Maufay - Publié Il y a 8 heures
DUERP traiteur : les risques majeurs à évaluer
Crédits: Thony Maufay

Préparer des centaines de couverts, charger le véhicule de déplacement, préparer la salle de réception puis servir les convives expose quotidiennement les traiteurs à différents dangers. Comme le rappelle l'INRS, l'activité de traiteur expose les salariés aux coupures, brûlures, manutentions manuelles, chutes de plain-pied, horaires de nuit, travail le week-end, lombalgies (douleurs au dos), etc. Tous ces risques doivent figurer dans le document unique, selon les articles L4121-3 et R4121-1 du Code du travail.


À partir de quand me faut-il un document unique pour mon entreprise de traiteur ?


Le document unique est obligatoire dès l'embauche du premier salarié dans votre entreprise, qu'il s'agisse d'un extra recruté pour une seule réception, d'un apprenti, d'un serveur à temps partiel, etc.


Depuis le 27 juin 2026, l'administration du travail peut prononcer une amende administrative de 4 000 euros maximum par salarié en l'absence de document unique au sein de l'entreprise. Sur le plan pénal, l'article R4741-1 du Code du travail prévoit également une contravention de 5e classe pouvant aller jusqu'à 1 500 € pour une personne physique, et jusqu'à 3 000 € en cas de récidive.


Les deux risques majeurs du métier de traiteur


Les manutentions manuelles désignent toute opération de soulèvement - déplacement d'une charge à dos d'homme (ex : lever, poser, pousser, tirer, porter, déplacer) sans aide d'outils ni machine. Ce qui distingue le traiteur du restaurateur, c'est que la réception se déplace : chaque prestation commence et se termine par le chargement puis le déchargement de l'intégralité du matériel nécessaire à l'événement, à l'aller comme au retour. Trois facteurs viennent aggraver ces manutentions. Le poids et le volume du matériel tout d'abord. La distance de portage ensuite, lorsque l'accès à la salle est difficile (ex : étage sans ascenseur, cour pavée, chapiteau en fond de parc, stationnement éloigné). Les horaires enfin, et c'est là le facteur le plus sournois : le chargement post réception s'effectue souvent de nuit, après une journée de travail pouvant atteindre douze heures voire plus, quand les capacités physiques des équipes sont au plus bas et la vigilance émoussée.


Les horaires atypiques désignent tout temps de travail effectué en dehors des plages d'horaires courantes, c'est-à-dire le travail en soirée, de nuit, le week-end et les jours fériés. Pour les traiteurs, ils ne constituent pas une exception mais le plus souvent une règle. Ce rythme de travail pèse de deux manières sur la santé des équipes. Physiquement tout d'abord : les journées de prestation dépassent facilement douze heures. Le sommeil s'en trouve décalé, la fatigue s'accumule tout au long de la haute saison, ce qui augmente mécaniquement la probabilité d'accident (ex : coupure, chute, accident de la route au retour de nuit). Psychiquement ensuite : la pression professionnelle devant les convives, l'impossibilité absolue de reporter un événement, le déséquilibre que cela peut entraîner sur sa vie personnelle, sont autant de sources de stress et d'anxiété, que l'INRS identifie explicitement parmi les risques du métier.


Quelques chiffres (secteur des cafés, hôtels et restaurants, selon l'Assurance Maladie) :

- 39 % des accidents de la restauration traditionnelle sont liés aux manutentions manuelles.

- Près de 2 000 000 de journées de travail perdues par an.

- 60 jours d'arrêt en moyenne suite à un accident du travail.

- 246 jours d'arrêt en moyenne pour chaque maladie professionnelle.


Les unités de travail


Pour un traiteur, nous retenons sept unités de travail, pour un total de 45 situations à risque : la cuisine et la préparation des plats, le service aux invités en réception, le nettoyage de la cuisine et de la réception, le chargement et le déchargement du véhicule, les déplacements routiers, l'environnement de travail et les locaux de travail.


Les équipements de protection collective adaptés :


Parmi les EPC existants et qui permettent de se protéger efficacement des risques chez les traiteurs, on retrouve notamment :

- Des aides à la manutention nombreuses et diversifiées : diables, chariots, rolls, transpalette, ainsi qu'un hayon élévateur ou une rampe sur le véhicule de déplacement.

- Des caisses de transport ergonomiques, empilables, à roulettes et à prises de main, qui facilitent autant le portage que l'arrimage dans le camion.

- Des machines de cuisine conformes, munies de leurs capots / carters de protection, ainsi que des coutelières et porte-couteaux pour le rangement rigoureux des outils tranchants.

- Des plans de travail ajustables à la taille des salariés et un four positionné à une hauteur qui facilite la manipulation des plats chauds.

- Des sols antidérapants en cuisine, maintenus propres et secs, avec une évacuation efficace des eaux de lavage.

- Une chambre froide équipée d'une ouverture de secours manœuvrable de l'intérieur et d'un dispositif d'alarme.

- Une installation électrique conforme, dont on vérifiera le disjoncteur différentiel 30 mA périodiquement, ainsi que des rallonges et multiprises professionnelles contrôlées pour les branchements réalisés en prestation.


Les équipements de protection individuelle adaptés :


Parmi les EPI existants et qui permettent de se protéger efficacement des risques chez les traiteurs, on retrouve notamment :

- Contre les coupures : des gants anti-coupure (Type EN388) pour l'épluchage, la découpe et surtout le nettoyage des machines et la plonge.

- Contre les brûlures : des gants et maniques de protection contre la chaleur (Type EN 407) pour les cuissons, les sorties de four et le transport des bacs chauds.

- Contre les chutes : des chaussures de sécurité à semelles antidérapantes et de préférence montantes (Type EN ISO 20345), en cuisine comme en prestation, y compris pour le personnel de service en salle.

- Pour le nettoyage : des gants de protection contre les risques chimiques (Type EN ISO 374) et des lunettes de protection contre les projections (Type EN166) lors de la manipulation et de la dilution des produits d'entretien.

- Contre le froid : des gants de protection contre le froid (Type EN511) pour les interventions prolongées en chambre froide.


Le détail approfondi des risques par unité de travail (cuisine, réception, nettoyage, chargement du véhicule, déplacement routier, environnement de travail, locaux de travail) ainsi que les images d'exemples de document unique pour traiteur sont disponibles dans la version complète de cet article sur notre page : https://www.document-unique-facile.com/document-unique-traiteur-guide-et-modele-a-telecharger

Thony Maufay
Rédigé par Thony Maufay
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Ingénieur Sécurité
Ingénieur sécurité au travail, enregistré IPRP auprès de la DRIEETS d'Île-de-France (n° IDF/2021/65), j'ai créé le site Document-Unique-Facile.com pour aider les chefs d'entreprise à réaliser leur document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP). Le DUERP (ou document unique) est obligatoire dès l'embauche du premier salarié, peu importe la taille de l'entreprise et son secteur d'activité. Depuis le 27 juin 2026, son absence peut être sanctionnée par une amende administrative pouvant aller jusqu'à 4 000 euros par salarié.

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