Le métal est une matière lourde, coupante, et qui peut brûler quand on la travaille. Garde-corps, portails, escaliers, verrières, huisseries : chaque ouvrage fabriqué par le serrurier métallier nécessite que la matière première passe par des machines-outils à fort pouvoir de coupe, puis qu'elle soit soudée, avant d'être finalement posée. Les serruriers métalliers cumulent donc les dangers du travail en atelier de production et ceux du bâtiment : risques de coupures voire d'amputations, projections sur le corps et le visage (ex : morceaux de métal, étincelles), fumées de soudure, bruit de plus de 100 décibels, manutentions de pièces lourdes, travail en hauteur possible lors de l'installation, etc. Tous ces risques doivent figurer dans le document unique, selon les articles L4121-3 et R4121-1 du Code du travail.
À partir de quand me faut-il un document unique pour mon entreprise de serrurerie métallerie ?
Dès qu'une entreprise de serrurerie métallerie emploie un salarié minimum, et quel que soit son contrat de travail (CDI, CDD, intérim, apprentissage, stage hors stage d'observation), elle doit posséder un document unique.
Depuis le 27 juin 2026, l'administration du travail peut prononcer une amende administrative de 4 000 euros maximum par salarié en l'absence de document unique au sein de l'entreprise. Sur le plan pénal, l'article R4741-1 du Code du travail prévoit également une contravention de 5e classe pouvant aller jusqu'à 1 500 € pour une personne physique, et jusqu'à 3 000 € en cas de récidive.
Les deux risques majeurs du métier de serrurier métallier
C'est le danger le plus brutal du métier de serrurier métallier, et ses conséquences sont souvent irréversibles : les machines à travailler le métal ne laissent aucun délai d'ajustement entre le mauvais geste et la blessure. Les risques ne se limitent pas à la coupe. Ils sont tout d'abord présents en production, lorsque la main approche l'outil pour maintenir ou guider la pièce. Puis lors des réglages, lors du changement d'une lame, d'un disque ou d'une fraise. Et enfin, lors du nettoyage et de la maintenance, lorsque la machine est à l'arrêt, mais que l'outil reste tranchant.
C'est le danger le plus grave du métier à long terme, et celui que l'on laisse le plus facilement de côté : les fumées de soudage ne provoquent aucune douleur, mais elles sont cancérogènes pour l'homme et les dommages se déclarent des années après l'exposition. L'INRS indique que le Centre international de recherche sur le cancer les classait dans le groupe des cancérogènes possibles (2B) depuis 1990, avant de les reclasser en 2017 dans le groupe des agents cancérogènes pour l'homme (groupe 1). Elles ne sont cependant pas classées comme telles par l'Union européenne, ce qui explique qu'elles n'entrent pas automatiquement dans le régime des agents cancérogènes du Code du travail. Plusieurs de leurs constituants le sont en revanche (ex : chrome hexavalent, nickel, béryllium). L'Anses a donc proposé d'inscrire les travaux exposant aux fumées de soudage à la liste des procédés cancérogènes.
Les unités de travail
Pour un serrurier métallier, nous retenons quatre unités de travail, pour un total de 45 situations à risque : le travail de serrurier métallier (fabrication en atelier et pose sur chantier), le commercial, l'administratif et l'environnement de travail.
Les équipements de protection collective adaptés :
Parmi les EPC existants et qui permettent de se protéger efficacement des risques en serrurerie métallerie, on retrouve notamment :
- Une aspiration localisée à chaque poste de soudage (ex : bras aspirant articulé, torche aspirante, table aspirante), voire une cabine de soudage ventilée si les locaux et les pièces le permettent.
- Une ventilation générale de l'atelier dimensionnée convenablement, avec entretien régulier des gaines et des filtres.
- Des carters de protection conformes sur toutes les machines-outils, complétés de dispositifs de sécurité pour chaque machine (ex : poussoir, bride de maintien, gabarit, sabot de disque).
- Des dispositifs d'arrêt d'urgence accessibles rapidement et à une main sur le devant de chaque machine fixe, ainsi que des moyens de consignation permettant de mettre la machine hors tension avant toute intervention.
- Des écrans ou rideaux de soudage entourant les postes de soudure, afin de protéger l'ensemble de l'atelier des rayonnements des postes à souder.
- Des moyens de manutention mécaniques pour les profilés, les tôles et les ouvrages finis (ex : palan, pont roulant, table élévatrice, ventouses de levage, chariot à tôles), avec passage de vérification périodique.
- Un stockage sécurisé des bouteilles de gaz, arrimées verticalement, à l'écart de toute source de chaleur, ainsi qu'un local ventilé pour les peintures, décapants et solvants.
Les équipements de protection individuelle adaptés :
Parmi les EPI existants et qui permettent de se protéger efficacement des risques en serrurerie métallerie, on retrouve notamment :
- Pour le soudage : un masque de soudage à obscurcissement automatique, une veste et un tablier de soudeur ignifugés, des guêtres, ainsi que des gants de soudeur contre les risques thermiques (Type EN 12477).
- Contre les projections : des lunettes de protection ou un écran facial (Type EN166), à porter dès qu'une machine est en fonctionnement, y compris par les personnes présentes à proximité.
- Contre le bruit : des protections auditives (Type EN352) de divers types (ex : casque antibruit, bouchons d'oreilles, arceau).
- Contre les coupures : des gants de protection contre les risques mécaniques (Type EN388) pour la manutention des tôles et le travail avec les outils à main (le port de gants reste proscrit sur les machines tournantes du fait des risques de happement).
- Contre les chutes d'objets et les écrasements : des chaussures de sécurité à embout de protection et semelle anti-perforation (Type EN ISO 20345).
- Pour les fumées : un appareil de protection respiratoire à ventilation assistée pour les opérations de soudage les plus émettrices.
- Pour la pose sur chantier : un casque de protection ou une casquette coquée (Type EN 812), des vêtements de haute visibilité (Type EN ISO 20471), ainsi qu'un harnais antichute (Type EN 361), un stop chute et une longe à utiliser sur un point d'ancrage ou une ligne de vie si aucune protection collective n'existe.
Le détail approfondi des risques par unité de travail (fabrication et pose, commercial, administratif, environnement de travail) ainsi que les images d'exemples de document unique pour serrurier métallier sont disponibles dans la version complète de cet article sur notre page : https://www.document-unique-facile.com/document-unique-serrurier-metallier-guide-et-modele-a-telecharger



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