Dans la quasi-totalité des commerces de France, on accueille du public toute la journée, mais on réceptionne aussi des livraisons, on range des cartons en réserve, on va chercher fréquemment des articles rangés en hauteur, on conseille les clients puis on les encaisse, et cela jour après jour. Les risques les plus fréquents que l'on y rencontre sont notamment les manutentions manuelles de charges (ex : cartons, palettes filmées), la nécessité d'accéder à des stockages situés en hauteur, l'usage du cutter pour l'ouverture des colis, les chutes de plain-pied dans les réserves (majorées lorsqu'elles sont encombrées), la station debout prolongée, l'accueil permanent de public (établissement recevant du public : ERP), ainsi que les possibles incivilités et agressions verbales, voire physiques. Tous ces risques doivent figurer dans le document unique, selon les articles L4121-3 et R4121-1 du Code du travail.
À partir de quand me faut-il un document unique pour mon commerce ?
Dès qu'un commerce emploie au minimum un salarié, et quel que soit son contrat de travail (CDI, CDD, saisonnier, apprentissage, stage hors stage d'observation), il doit posséder un document unique d'évaluation des risques professionnels. Un commerçant qui exerce absolument seul, sans aucun salarié, n'est pas concerné par cette obligation.
Depuis le 27 juin 2026, l'administration du travail peut prononcer une amende administrative de 4 000 euros maximum par salarié en l'absence de document unique au sein de l'entreprise. Sur le plan pénal, l'article R4741-1 du Code du travail prévoit également une contravention de 5e classe pouvant aller jusqu'à 1 500 € pour une personne physique, et jusqu'à 3 000 € en cas de récidive.
Les deux risques majeurs du métier de commerçant
Les stockages situés en hauteur sont une source de danger à part entière, et souvent sous-estimée, de la part des commerçants. Peu de salariés considèrent qu'aller chercher un objet en hauteur peut être une opération à risque, tant cela est courant, et c'est très certainement la raison pour laquelle autant d'accidents du travail en découlent. Contrairement à de nombreuses croyances, une chute de faible hauteur peut suffire à provoquer une fracture ou un traumatisme crânien. L'article R.4323-63 du Code du travail interdit dans la plupart des cas d'utiliser les escabeaux, les marchepieds, mais surtout les échelles comme poste de travail, sauf dans deux cas de figure : l'impossibilité technique de recourir à une protection collective, ou une évaluation des risques établissant des risques faibles, de courte durée, ne présentant pas de caractère répétitif.
Le contact avec la clientèle est le cœur du métier de commerçant, mais c'est aussi ce qui expose le plus aux actes d'incivilité, d'agression et de vol. Un commerçant ne choisit pas les personnes qui entrent dans sa boutique, ne peut pas mettre fin à un échange quand il le souhaite, et se doit de rester courtois, même avec des clients qui ne le sont pas toujours. Dans le commerce de détail, trois causes possibles exacerbent ces risques : un manque de personnel disponible par rapport à la quantité de clients dont il faut s'occuper, une mauvaise communication au client (ou une communication insuffisante) qui génère des incompréhensions, et l'absence de consignes passées aux salariés pour régler les litiges. La consigne à rappeler en cas de vol devra être de ne jamais engager de contact physique avec un voleur, mais de simplement observer, pour pouvoir alerter et décrire l'individu à la police.
Quelques chiffres (commerce de détail non alimentaire, Assurance Maladie) :
- Plus d'un million de journées de travail perdues par an pour accident du travail ou maladie professionnelle.
- 68 jours d'arrêt en moyenne par accident du travail, et 332 jours par maladie professionnelle.
- 54 % des accidents sont causés par des manutentions manuelles (données INRS et Assurance Maladie de 2021).
- Les chutes de hauteur sont à l'origine de 13,5 % des accidents du travail, un niveau proche de celui des chutes de plain-pied (15,1 %) (données 2020).
Les unités de travail
Pour un commerce, nous retenons trois unités de travail, pour un total de 18 situations à risque : la réception / stockage de marchandises, la vente à la clientèle et les locaux de travail.
Les équipements de protection collective adaptés :
Parmi les EPC existants et qui permettent de se protéger efficacement des risques en commerce, on retrouve notamment :
- Des aides à la manutention adaptées à l'espace disponible : diable, transpalette manuel, roll mobile, chariot de mise en rayon, portant mobile.
- Des moyens d'accès en hauteur adaptés : plateformes individuelles roulantes, équipements pour la mise en rayon, escabeaux, marchepieds (à privilégier dans cet ordre). L'échelle reste à proscrire en tant que plateforme de travail.
- Des rayonnages de réserve ancrés au mur ou au sol, avec charge admissible affichée et connue de tous. Les articles les plus lourds devront toujours être placés en bas et les plus légers en haut.
- Un revêtement de sol antidérapant en surface de vente et en réserve, complété par des tapis d'entrée absorbant l'eau pour les jours de pluie.
- Un poste de caisse réglable en hauteur, avec repose-pieds, tapis anti-fatigue et siège assis-debout permettant de limiter la station debout prolongée.
- Des équipements de sûreté : vidéoprotection signalée de tous, coffre à dépôt, bouton d'alerte discret et miroirs de surveillance.
Les équipements de protection individuelle adaptés :
Parmi les EPI existants et qui permettent de se protéger efficacement des risques en commerce, on retrouve notamment :
- Des chaussures fermées à semelle antidérapante et à bon amorti pour la station debout prolongée (chaussures de sécurité, Type EN ISO 20345, pour les commerces vendant des produits particulièrement lourds et/ou avec risques d'écrasement).
- Des gants de protection contre les risques mécaniques (Type EN 388) pour la manutention et le déballage des livraisons.
- Des gants de protection contre les risques chimiques (Type EN ISO 374) pour le nettoyage des locaux et des sanitaires.
- Des cutters de sécurité à lame rétractable automatique pour l'ouverture des colis, en remplacement des cutters classiques.
- Des genouillères (Type EN 14404) pour le réassort des rayonnages les plus bas effectué à même le sol.
Le détail approfondi des risques par unité de travail (réception / stockage, vente à la clientèle, locaux de travail) ainsi que les images d'exemples de document unique pour commerçant sont disponibles dans la version complète de cet article sur notre page : https://www.document-unique-facile.com/document-unique-commercant-guide-et-modele-a-telecharger



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