Du 22 au 27 septembre 2026, plus de 1 400 compétiteurs de plus de soixante pays s'affronteront à Shanghai sur 64 métiers.
Des représentants des Compagnons du Devoir s'y rendront. L'occasion de prendre le pouls de ce qui se joue aujourd'hui pour les métiers manuels, entre robotique, intelligence artificielle, évolutions démographiques, secousses géopolitiques et évolution des besoins des entreprises.
Un événement né d'un besoin de main-d'œuvre
Les Olympiades des métiers sont créées à Madrid en 1950, avec douze participants de deux pays, dans un contexte de reconstruction économique et de pénurie de main-d'œuvre qualifiée. L'objectif initial est simple : sensibiliser à l'importance des compétences professionnelles et attirer les jeunes vers ces métiers.
Depuis, le portefeuille des disciplines a suivi, décennie après décennie, les mutations de l'industrie : maçonnerie et ébénisterie à l'origine, informatique à partir de 1977, services et arts appliqués dans les années 1990-2000, cybersécurité et intelligence artificielle depuis les années 2010.
Sept nouveaux métiers entrent au programme 2026, choisis pour correspondre aux besoins émergents. Vu sur la durée, l'historique des disciplines WorldSkills fonctionne comme un indicateur assez fiable de la façon dont un secteur redéfinit, en continu, ce qu'il appelle un métier.
Un contexte marqué par la robotique et l'IA
Shanghai 2026 se tient dans un contexte différent des éditions précédentes. La Chine investit massivement dans la robotique humanoïde et ce qu'elle appelle l'« intelligence incarnée » : plusieurs centres d'entraînement de robots existent déjà dans le pays, où des opérateurs enregistrent des données de mouvement humain pour entraîner des machines. Le plan national de formation professionnelle 2025-2027 inscrit d'ailleurs l'intelligence incarnée parmi les domaines de formation prioritaires, aux côtés des véhicules à énergie nouvelle et des drones.
Le pays a aussi choisi d'incorporer les référentiels de compétences de WorldSkills (les Occupational Standards) dans ses propres programmes de formation nationale, pour un système qui compte environ 11 000 établissements professionnels et 35 millions d'élèves et étudiants.
Ce que la compétition montre et ce qu'elle choisit de montrer
Au-delà des épreuves officielles, chaque pays hôte présente des métiers en démonstration, hors compétition. Ce choix n'est pas neutre : il révèle les priorités que le pays veut mettre en avant. La liste retenue par la Chine pour Shanghai n'était pas encore publiée au moment de la préparation du déplacement, ce sera l'un des premiers éléments à observer sur place.
Plus largement, la manière dont WorldSkills définit un métier mérite d'être questionnée en miroir de notre propre définition, construite autour du savoir incorporé, de la communauté de métier et de la transmission.
Ce déplacement donnera lieu à des publications au fil de la compétition, pour partager en temps réel des observations de terrain, ainsi qu'à un webinaire ouvert largement après le retour, pour restituer un regard d'ensemble sur ce qui aura été vu et compris à Shanghai.



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