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Les dragons de l'inaction - psychologie de l'environnement

Les dragons de l'inaction - psychologie de l'environnement

Ghislain Laloup
par Ghislain Laloup - Modifié Il y a 7 heures
Les dragons de l'inaction - psychologie de l'environnement

Des dragons de l’inaction sommeillent en chacun de nous. Même convaincus qu’il faut changer et agir, il n’est pas toujours simple de passer à l’action. 

On le constate dans nos vies personnelles comme dans les organisations. Il faudrait modifier nos pratiques, réduire nos impacts, changer nos habitudes… mais quelque chose nous retient (« drag on »). 

C’est justement ce que cherche à décrypter le concept des « dragons de l’inaction », développé par le psychologue environnemental Robert Gifford en 2011. 

Robert Gifford distingue sept grandes familles de dragons :


  • Les dragons d’une cognition limitée :
    Nous n’avons pas toujours les connaissances, les informations ou la capacité à nous représenter clairement les conséquences de nos choix. Face à un sujet complexe comme la transition écologique, c’est un frein non négligeable. 

    Une des solutions serait d’identifier les causes et les conséquences de nos pratiques et comportements. Rendre les choses plus concrètes permettrait d’établir des repères, de hiérarchiser les actions et de mettre en lumière les gestes réellement à la portée de chacun.


  • Les dragons des idéologies : 

    Nous n’abordons pas tous les enjeux de transition avec les mêmes valeurs ou les mêmes convictions. Certains vont privilégier la liberté individuelle, l’innovation technologique ou la responsabilité collective. D’autres encore évoqueront le rôle de l’État ou des pouvoirs supérieurs. 

    Il faut ici lutter contre les grandes idéologies, ces idées préconçues que l’on entend partout. 

    Face au dragon des idéologies, la meilleure arme est de mettre en avant la complexité des faits, d’identifier les liens et d’expliquer le caractère systémique et scientifique de la transition. 


  • Les dragons de la pression sociale : 

    L’être humain est un animal grégaire. À ce titre, il regarde, observe et agit en fonction des autres. Si notre entourage ne change pas, il est plus facile de considérer que nos propres efforts sont inutiles, futiles ou disproportionnés. 

    Face à ce dragon, la solution pourrait être de montrer que le changement est déjà engagé ailleurs. Cela contribue à le rendre à la fois plus concret et acceptable. 


  • Les dragons des coûts irrécupérables : 

    C’est probablement l’un des dragons les plus familiers. Nous investissons du temps, de l’argent et des compétences dans nos comportements. Changer signifie alors renoncer à nos habitudes, nos modes de vies ou de consommation.  

    Pour lutter contre ce dragon, il ne faut pas opposer brutalement « l’ancien » et « le nouveau », mais plutôt montrer comment l’existant peut devenir un point de départ pour évoluer. Tout n’est pas à jeter, tout n’est pas perdu ; tout est encore possible sans pour autant renoncer à tout ce qui nous est cher. 


  • Les dragons de la défiance ou du scepticisme : 

    Dans un monde qui va trop vite, où les cercles sociaux ne communiquent plus, les messages et intentions peuvent être rejetés si celui qui le porte n’est pas jugé crédible. Experts, institutions, entreprises, médias ou pouvoirs publics sont aujourd’hui confrontés à cette défiance. 

    Dans ce cas, la transparence est souvent plus efficace que la surenchère d’arguments. Reconnaître ce que l’on sait, mais aussi ce que l’on ne sait pas encore, et expliquer les données sur lesquelles on s’appuie favorisent l’adhésion. Mieux encore, permettre aux acteurs de trouver leur rôle dans cette expérimentation stimulera leur engagement.


  • Les dragons des risques : 

    Changer, c’est aussi accepter une part d’incertitude. L’incertitude est une source de crainte et d’anxiété pour bon nombre d’entre nous. Une nouvelle technologie, une nouvelle organisation du travail ou une nouvelle pratique suscitent des craintes, parfois plus fortes que les bénéfices attendus. 

    Dans ce cas, expérimenter à petite échelle, avancer par étapes, mesurer les progrès, et les partager permettra de rendre le changement moins risqué. La transparence, la confiance et la mutualisation apparaissent ainsi comme des leviers essentiels pour évoluer. 


  • Les dragons tokenistes : 

    Certaines actions individuelles sont bel et bien positives, mais elles donnent parfois le sentiment que l’essentiel a déjà été fait. Il ne s’agit pas ici de dévaloriser ces petites actions, mais de déterminer les principaux impacts et de déplacer progressivement l’effort vers les leviers structurels et politiques les plus importants. 

    Pour lutter contre ces dragons, il faut inviter son entourage et soi-même à réfléchir aux choses dans leur globalité et leur complexité. De cette façon, on favorise les changements plus profonds. 


Un outil d’accompagnement et non de jugement : 

Dans ces sept grandes familles, Robert Gifford décline une trentaine de dragons qui nous permettent une lecture affinée des résistances au changement. Il nous est donc possible d’y répondre avec intelligence pour renforcer l’adhésion des populations aux mutations à venir. 

Le concept des dragons de l’inaction fournit ainsi une grille de lecture particulièrement utile pour passer de la sensibilisation à l’accompagnement du changement. Il ne s’agit pas de nous coller une étiquette, mais plutôt de mieux comprendre les mécanismes de résistance pour choisir les leviers les plus pertinents. 

Dans le cadre du projet CLAC, nous appliquons cette logique et utilisons les dragons de l’inaction pour analyser et comprendre les populations que nous accompagnons et les doter eux aussi de cette grille de lecture réflexive. 

Et vous, quel.s dragon.s se dissimule.nt au fond de vous ? 

Ghislain Laloup
Rédigé par Ghislain Laloup
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Ingénieur pédagogique

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Romain Recopé

Il y a 4 heures
Bonsoir, Votre partage est intéressant même si je n’ai pas tout saisi. Pour moi ralentir ou rester «  figé » ; ce n’est pas être bloqué, ce n’est pas une inactivité, ou une inaction. Je n’ai peut être pas bien compris ce que vous cherchez à démontrer. En fait, je n’ai pas compris ce qu’est le projet « Clac » dont vous parlez à la fin . De quoi s’agit-il svp ? Est-ce ce un autre concept ?
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Romain Recopé

Il y a 4 heures
Bonsoir, Votre partage est intéressant même si je n’ai pas tout saisi. Pour moi ralentir ou rester «  figé » ; ce n’est pas être bloqué, ce n’est pas une inactivité, ou une inaction. Je n’ai peut être pas bien compris ce que vous cherchez à démontrer. En fait, je n’ai pas compris ce qu’est le projet « Clac » dont vous parlez à la fin . De quoi s’agit-il svp ? Est-ce ce un autre concept ?
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Romain Recopé

Il y a 4 heures
Bonsoir, Votre partage est intéressant même si je n’ai pas tout saisi. Pour moi ralentir ou rester «  figé » ; ce n’est pas être bloqué, ce n’est pas une inactivité, ou une inaction. Je n’ai peut être pas bien compris ce que vous cherchez à démontrer. En fait, je n’ai pas compris ce qu’est le projet « Clac » dont vous parlez à la fin . De quoi s’agit-il svp ? Est-ce ce un autre concept ?
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